| Lindustrie
du disque appelle Chirac à laide
Dans la foulée de ses voisins européens,
le marché du disque a accusé un recul
de 9% au premier semestre 2003. Les professionnels de
la région appellent durgence à une
baisse de la TVA
Il y a encore moins dun an, les optimistes imaginaient
le marché du disque français légèrement
à labri dune catastrophe, au regard
des très sévères pertes de chiffres
daffaires enregistrées aux Etats-unis ou
en Europe. Les bilans publiés ces derniers jours,
qui font montre dune baisse moyenne de 9% des
ventes hexagonales au premier semestre 2003, ont achevé
de les alarmer. A tel point que les professionnels du
secteur ont adressé hier une lettre ouverte à
Jacques Chirac, afin quil intervienne auprès
de la commission européenne. Objectif : faire
baisser la TVA sur le disque, qui sélève
actuellement à 19,6% en France, 16% en Espagne
ou 25% en Suède ou au Danemark.
« Lindustrie du disque emploie 600.000
personnes en Europe dont 130.000 en France »,
explique Bernard Coquelet, président de Phonopaca,
qui regroupe 35 éditeurs dans la région.
« Il faut agir vite pour éviter de voir
les petites entreprises mettre la clé sous la
porte. Le climat nest pas sain pour la culture
actuellement et même si la volonté existe,
elle naboutit pas. Il faut donc des réponses
rapides. Les professionnels du disque se sont dailleurs
engagés à diminuer sensiblement les prix
de vente une fois que les ministres des finances se
seront entendus pour baisser la TVA. »
Ce qui ne semble pas prévu dans limmédiat.
La réunion des dits ministres, organisée
le 12 septembre prochain, sattardera plutôt
sur la fiscalité.
« Autant dire que les carottes sont cuites
» souffle Bernard Coutaz, Pdg de Harmonia
Mundi, éditeur basé à Arles.
« On nobtiendra rien de Bruxelles. Il ne
faut pas se focaliser sur la TVA, mais étendre
au disque la loi Lang qui a permis de fixer un tarif
unique sur le livre et de sauver des centaines de librairies.
Il faut aussi revoir la loi de 1957 qui autorise la
copie privée et sattaquer ainsi de front
au piratage. »
Un point de vue forcément apprécié
par Sophie Gora chez Sadhill records. Ce petit label
de rap marseillais est, comme beaucoup dautres,
en difficulté. « Au rythme où
nous allons, on va tous disparaître »,
dit-elle. « la TVA nest que la partie
visible dun système qui nous harcèle
».
François TONNEAU
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