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Les ventes de disques ont diminuées de 9%
au premier trimestre en France. Si la baisse de
la TVA et la lutte contre le piratage sont au devant
de la scène, la crise dont est victime lindustrie
du disque a des origines plus complexes.
Le secteur informatique s'est
emparé du marché musical
Alors que lindustrie musicale est toujours restée
à lorigine des nouveaux supports de diffusion,
elle a trop longtemps hésité avant de
sintéresser aux technologies de linternet
et cest le secteur informatique qui profite aujourdhui
du marché, remarque le quotidien Libération
dans un article du 6 septembre. Et de son côté,
le consommateur na pas attendu pour exploiter
le potentiel du web. Même si selon Eric Tong Cuong,
d'EMI France « La gratuité est un leurre
» (Le Monde), il est conscient qu «
Il s'agit d'un transfert économique complet .
Ces coûts annexes (ADSL, ordinateur),
qui diminuent d'autant le portefeuille du consommateur,
sont transférés vers les fabricants de
matériels, les entreprises de télécommunications.
Ces géants nous utilisent comme canal de marketing.
Ils nous donnent en pâture au public, sans rien
payer. » « Télécoms et FAI
sont les seuls qui se rémunèrent sur le
dos de ceux qui fabriquent des contenus. » déclare
Hervé Rony, directeur général du
Syndicat national de l'édition phonographique
(SNEP) sur le «chat» organisé le
29 septembre par le Journal du Net.
Observant ce même portefeuille, Libération
constate la concurrence de nouveaux produits multimédia
sur des rayons autrefois exclusivement réservés
au disque.
Un modèle économique inadapté
Le quotidien explique dautre part la baisse de
lengouement pour lalbum CD par labsence
dun mouvement musical porteur.
Jérome Roger , directeur général
de l'Union des Producteurs Phonographiques Français
Indépendants (l'UPFI) interviewé par Le
Journal Du Net, estime que le modèle économique
de lindustrie musicale ne correspond plus aux
attentes du consommateur : « ils (les internautes)
ont envie d'accéder à des titres qu'ils
n'entendent jamais à la radio, ni à la
télévision, et qu'ils ont peu de chance
de trouver dans les linéaires des grandes surfaces.
»
Et il ajoute : « Si un album ne contient que deux
ou trois bons titres, à quoi bon l'acheter ?
»
Le CD est trop cher
Car chacun sentend pour dire que le prix du CD
est trop élevé.
Jean-Noël Reinhardt, Président de Virgin
Megastore, à loccasion dun entretien
avec Grandlink Music News, accuse de son côté,
les majors américaines dexiger une rentabilité
trop importante de leur filiale française. En
France, les marges des distributeurs, plus étroites
quaux Étas-Unis leur permettent difficilement
dinfluer sur la baisse du prix de la musique.
Il regrette aussi que certaines majors refusent encore
laccès à leur catalogue à
des distributeurs qui souhaitent proposer légalement
des offres de téléchargement payant. Comment
séduire linternaute si le choix reste limité
?
Dans son texte en faveur de la baisse de la TVA sur
le disque, lAdami sinquiète de la
possibilité offerte par internet aux consomateurs
de disques de se fournir dans des pays où le
taux est moins élevé quen France.
La société ajoute : « Le gouvernement
français doit sengager sans réserves
dans ce combat et ne pas continuer à se réfugier
continuellement derrière largument communautaire
», propos auxquels font échos les remarques
des professionnels de la filière qui sexpriment
dans un article du 6 septembre de La Provence : «
le climat nest pas sein pour la culture actuellement
et même si la volonté politique existe,
elle naboutit pas » (1), «
on nobtiendra rien de Bruxelles, il ne faut pas
se focaliser sur la TVA
» (2), «
La TVA nest que la partie visible dun système
qui nous harcèle » (3).
(1) B. Coquelet, président de Phonopaca
(2) Bernard Coutaz, pdg de Harmunia Mundi
(3) Sophie Gora du label Sadhill Records
[
Les cinq fléaux qui frappent l'industrie musicale
] Libération - 6/09/03
[
Le disque français face à la menace Internet
] Entretien avec Eric Tong Cuong - Le Monde
17/09/03
[
Questions à
Jean-Noël Reinhardt ]
Grandlink Music News 10/09/03
[
texte en faveur de la baisse de la TVA sur le disque
] LAdami
[
La Provence ]
[
Hervé Rony (Snep) : "Télécoms
et FAI se rémunèrent sur le dos de ceux
qui fabriquent des contenus" ] Jdnet Chat -
29/09/03
[
Jérôme Roger (UPFI) : "Le marché
du disque va mal, mais la consommation de musique ne
s'est jamais aussi bien portée" ] Jdnet
- 25/09/03
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